Gestion intégrée des ressources
Les régions de Charlevoix et du Bas-Saguenay ont plusieurs vocations et le milieu forestier est très convoité. Pour certains, c’est la beauté du paysage qui les intéresse, pour d’autres, c’est la faune qui y habite ou la matière ligneuse. Les usages sont multiples et se superposent. Les défis sont nombreux et de tailles afin d’assurer un développement territorial cohérent et en harmonie.
La gestion intégrée des ressources (GIR) est un levier important du dynamisme régional puisqu’elle permet d’accroître les bénéfices et les retombées pour la collectivité tout en optimisant la mise en valeur et l’utilisation du territoire et des ressources. Pour mettre en place ce genre de gestion, le Groupe des PDFD utilise le mode d’emploi suivant:
Portrait du territoire
En premier lieu, il s’agit de déterminer le territoire ciblé par le projet et de connaître l’échelle à laquelle on souhaite travailler. Ainsi, il est possible de déterminer la structure, la composition et les fonctions du milieu forestier. Cet exercice permet de comprendre quels sont les services rendus par les écosystèmes, notamment en termes d’habitat, de potentiel ligneux et de diversité biologique. Afin de compléter le portrait, les intervenants présents sur le territoire ainsi que les activités ayant cours sur le territoire sont identifiés et localisés.
Une première rencontre entre les acteurs permet de présenter le portrait et de le bonifier grâce à la connaissance du territoire qu’ont les intervenants. Ainsi, tous les participants ont la même compréhension du territoire et l’exercice permet de visualiser rapidement les zones de superpositions des usages qui peuvent être potentiellement une source de conflit. La mise en commun permet aussi d’illustrer les interactions et la synergie qui en découle et comment chacune des actions peuvent avoir des répercussions, positives et négatives les unes sur les autres.
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La concertation
Une démarche de concertation « gagnant-gagnant » est une approche dynamique de coopération entre des partenaires qui acceptent de suivre les phases d’un processus logique et rigoureux de réalisation d’un projet partagé en vue d’atteindre des résultats leur procurant un bénéfice mutuel (« gagnant-gagnant »). Deux éléments interdépendants sont fondamentaux à la réussite d’une telle démarche :
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L’établissement progressif d’une relation de coopération, indispensable au bon fonctionnement d’une approche concertée;
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Les phases de réalisation des enjeux d’un projet partagé.
PHASE 1 : Dresser un inventaire des enjeux et établir une liste par priorité des enjeux à réaliser.
PHASE 2 :Partager les intérêts communs à satisfaire et divergents à harmoniser pour réaliser les enjeux choisis.
PHASE 3 :Dresser un inventaire des problèmes composant l’enjeu 1 commun et choisir un problème à résoudre.
PHASE 4 : Analyser la situation actuelle qui définit le premier problème choisi pour l’enjeu 1. Il s’agit de trouver les faits objectifs qui décrivent le problème, les causes de son existence et les conséquences qui découlent du problème.
PHASE 5 :Partager la situation souhaitée ou les intérêts communs à satisfaire et divergents à harmoniser pour résoudre le problème. Ces intérêts s’ajoutent à ceux déjà identifiés en phase 2.
PHASE 6 : Réaliser un inventaire d’idées de solutions et formuler des hypothèses de solutions au premier problème.
PHASE 7 : Choisir la ou les solutions procurant un bénéfice mutuel aux partenaires de la concertation et identification de critères objectifs facilitant ce choix.
Les partenaires parviendront à des solutions gagnantes/gagnantes que s’ils accumulent les consensus tout au long des phases de réalisation des enjeux d’un projet partagé.
La plateforme de travail offerte par les phases de réalisation des enjeux d’un projet partagé met à la disposition des intervenants plusieurs outils facilitant la résolution des problèmes ou conflits qui sont inévitables dans l’action collective de changement. La clé pour atteindre le succès dans cette démarche est de permettre à chacun d’affirmer ses opinions et de reconnaître celles des autres. Ainsi, le temps de réflexion, les tours de table successifs et le brainstorming sont autant d’outils permettant d’atteindre ce but.
Désigner un gardien de processus de concertation;
L’animation des rencontres de concertation sera facilitée par la nomination d’un gardien de processus de concertation. Lors de ces rencontres, le gardien assurera, d’une part, un travail efficace par le maintien d’un climat de coopération où dominent la confiance, la transparence, une qualité de communication et le respect mutuel entre les partenaires. D’autre part, il aidera l’équipe à suivre rigoureusement les différentes phases de réalisation d’un projet partagé.
Finalement il faut prendre le temps de construire la relation de coopération. Plus le projet de coopération est complexe et implique de nombreux acteurs, plus il faut du temps, des essais, des erreurs et des réussites pour implanter une culture de concertation entre les partenaires.
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Source: Deschênes et al. 2003
Dégagement des orientations spécifiques
À la fin du déroulement du processus de concertation, les solutions retenues concernant les enjeux de départ permettront de dégager les orientations de développement du territoire et ainsi soutenir le développement de nouveaux projets. Parce que le développement forestier durable et l’approche par écosystème sont à la base du mode de gestion, les orientations doivent évidemment en respecter les principes. La GIR permettra alors d’accroître les bénéfices et les retombées pour la collectivité et à optimiser l’utilisation du territoire et des ressources (MRNF).
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Les plans d’action concertés
Les orientations spécifiques auxquelles adhèrent l’ensemble des intervenants permettent par la suite de rédiger un plan d’action. Celui-ci est basé sur des objectifs spécifiques et chacune des actions proposées vise à faire avancer la mission; Restaurer et mettre en valeur le milieu forestier, de façon durable, en favorisant le partenariat entre les acteurs du milieu afin d’assurer la prospérité de nos communautés.
La rédaction des plans d’action se fait en collaboration avec les groupes de travail et tous les autres intervenants dont l’expertise pourra être mise à profit. Les outils de concertation seront également utilisés dans le choix des actions à mettre en place afin de s’assurer que celles-ci fassent consensus auprès des acteurs.
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La réalisation d’actions concertées
La réalisation de projet sur le territoire est la concrétisation des démarches effectuées au préalable. Ces projets, dans la mesure où ils respectent les engagements pris par les partenaires, sont le baromètre de la GIR. Le succès de la GIR repose sur des actions concrètes qui sont réalisées sur le terrain et qui sont fidèles aux orientations stratégiques.
Chaque organisme présent sur le territoire a la responsabilité et le pouvoir de mettre en œuvre le plan d’action qui découle du processus. La réalisation de projets implique d’inclure activement les équipes techniques qui en seront responsable. Les compétences et la connaissance du terrain sont mises à profit afin d’améliorer les procédures et les étapes de réalisation.
Le succès de la démarche et l’atteinte de notre mission dépend de l’engagement de tous.
Une première action est-elle concertée? |
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L’évaluation du mode d’emploi
L’heure est au bilan. Le suivi permet d’évaluer les résultats et de s’assurer du respect des orientations adoptées par consensus. C’est le moment de s’ajuster, de proposer d’autres avenues complémentaires, de modifier et de bonifier les façons de faire. On peut également en profiter pour revoir la vision et s’assurer que nous avançons toujours dans la bonne direction.
L’évaluation doit se faire certes en fin de processus, mais elle doit aussi se faire de façon périodique par la tenue régulière de sessions de Feed-back. Ces sessions peuvent aider à prévenir les conflits en invitant les partenaires à exprimer leurs craintes et échanger leurs impressions tant sur le plan du contenu du projet partagé qu’au niveau des interactions entre les personnes.
L’application de la gestion adaptative à chacune des phases du processus facilitera cet exercice.
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